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Hymno de Mujeres Libres

Lucía Sánchez Saornil – 1937

 

Hymne officiel du mouvement anarcho-féministe des « Mujeres Libres » (femmes libres) fondée en 1936. Dans une Espagne marquée par une forte influence de l’Église catholique, les femmes, se revendiquant de l’anarcho-syndicalisme, occupèrent une place prépondérante dans les luttes féministes des années 30.

Le mouvement des Mujeres Libres est fondé par la poétesse Lucía Sánchez Saornil, l’avocate Mercedes Comaposada et la médecin Amparo Poch y Gascón comme premier mouvement anarcho-féministe d’Espagne. Le mouvement se dote rapidement d’un journal portant le même nom et d’un hymne dont la musique a été composée par E. Sanginés. 

Le journal, produit exclusivement par des femmes pour des femmes (à l’exception des couvertures), leur sert de porte parole politique et d’instrument d’éducation populaire. Elles y dénonce un triple esclavage féminin : le capital, l’ignorance et les hommes. 

Bien que lié politiquement à la CNT, les Mujeres Libres, se développe comme une organisation autonome d’émancipation féminine. Elles y dénoncent le sexisme anarchiste qui, bien que prônant l’égalité, reste très machiste dans les faits.

Convaincu que la révolution passe par le savoir, elles créent des instituts pour femmes et des écoles volantes en milieu rurale pour promouvoir l’éducation par des cours d’alphabétisation, de mécanique, de santé et d’éducation sexuelle.

L’accès au pouvoir de Frederica Montseny, figure intellectuelle de la CNT, au poste de ministre de la santé et de l’assistance sociale en novembre 1936 et grace au soutiens de Mujeres Libres, la Catalogne légalise l’avortement à la fin de l’année 1936 (malgré des échecs ailleurs en Espagne).

La victoire des franquiste en 1939 va immédiatement réduire à néant les acquis des femmes par un retour brutal au patriarcat. Les membres de groupes anarchistes, Mujeres Libres en tête, subiront une double répression pour leur combat et leur convictions. Des milliers d’entre elles s’exilent alors en France et poursuivent leur lutte. 

 

Fanfarre Libertaria de Iruña y el Coro Iruña

Hymno de Mujeres Libres

Lucía Sánchez Saornil – 1937

Puño en alto mujeres del mundo *
hacia horizontes preñados de luz
por rutas ardientes,
los pies en la tierra
la frente en lo azul.

Afirmando promesas de vida
desafiemos la tradición
modelemos la arcilla caliente
de un mundo que nace del dolor. 

¡Qué el pasado se hunda en la nada!
¡qué nos importa el ayer!
Queremos escribir de nuevo
la palabra MUJER.

Puño en alto mujeres de Iberia
hacia horizontes preñados de luz,
por rutas ardientes,
¡adelante, adelante,
de cara a la luz !

Hymne des Femmes Libres

Lucía Sánchez Saornil – 1937

Le poing levé, femmes du monde
vers des horizons pleins de lumière
sur des chemins brûlants
les pieds sur terre
la tête dans le bleu (du ciel)

En affirmant des promesses de vie
défions la tradition
façonnons l’argile chaude
d’un monde qui naît dans la douleur.

Que le passé se noie dans le néant !
peut importe le passé !
Nous voulons écrire à nouveau
le mot FEMME.

Le poing levé femmes du monde
vers des horizons pleins de lumière
sur des chemins brûlants,
en avant, en avant,
face à la lumière.

* La version originale portait le vers « Puño en alto, mujeres de Iberia« , elle fut changé très rapidement pour porter un message plus universaliste.